Jeudi 12 novembre 2009 4 12 11 2009 00:30
- Communauté : Soutiens à Ségolène Royal - Ecrire un commentaire

 

Selon un sondage CSA des 4 et 5 novembre, 51% des personnes interrogées auraient l’intention de voter pour Dominique Strauss-Kahn s’il affrontait au second tour de l’élection présidentielle l’actuel chef de l’Etat (49%).

Le phénomène est récurrent. Par le biais de sondages, on essaie d’accoutumer l’opinion publique à l’idée d’un retour imminent de Dominique Strauss-Kahn à la vie politique hexagonale. Et, à ce titre, on le présente volontiers comme le seul challenger capable de vaincre Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012.

On pourrait se contenter d’en rire, bien sûr, mais le sérieux apparent avec lequel le sondage CSA est commenté oblige à faire quelques rappels.

Strauss-Kahn : une ambition contrariée

Dans le courant de l’année 2006, Dominique Strauss-Kahn n’a eu de cesse de réclamer l’organisation d’une primaire afin que le PS désigne son candidat à l’élection présidentielle.

Notre homme, sûr de son importance, était en effet persuadé que cette primaire allait se transformer en plébiscite en faveur de sa candidature.

Or, le moins que l’on puisse dire est que le résultat ne fut pas exactement à la hauteur de ses espérances.  Ségolène Royal était arrivée largement en tête de cette épreuve imposée par un score sans appel : plus de 60% des voix des militants socialistes.

La dame du Poitou s’était même payée le luxe d’arriver en tête dans tous les départements à l’exception de quatre.

Strauss-Kahn avec 20% des voix avait fait jeu égal avec Laurent Fabius.

La désillusion de l’intéressé fut à la hauteur de son ambition. Mauvais perdant, celui-ci s’est ensuite porté pâle durant toute la campagne présidentielle, se contentant simplement de faire quelques apparitions lors de meetings et ne manquant jamais une occasion, par l’intermédiaire de ses séides (Jean-Christophe Cambadélis et Pierre Moscovici), de critiquer la campagne de la candidate socialiste.

Strauss-Kahn ou l’allégeance à Nicolas Sarkozy

Cette allégeance n’est nullement un jugement de valeur mais un constat.

En effet, comment ne pas rappeler ici les atermoiements télévisés de Dominique Strauss-Kahn qui, à peine le résultat de l’élection présidentielle connu, s’était empressé de se poser en recours au sein du Parti socialiste pour le réformer, avant de finalement se précipiter, quelques semaines plus tard, chez Nicolas Sarkozy pour d’obtenir son soutien et se présenter au poste de directeur général du FMI ?

 

 

On ne manquera pas d’ailleurs de relever a posteriori à quel point le plateau de TF1 était annonciateur de futures trahisons (cf. la photo ci-dessous). A côté de Dominique Strauss-Kahn, on y trouvait en effet Bernard Kouchner, l’actuel ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, et Jack Lang, le seul député PS à avoir voté pour la réforme constitutionnelle du Monarque.

 

Strauss-kahn ou la panne de courant

Dominique Strauss-kahn, on l’a vu, s’était déclaré disponible, le soir du 6 avril 2007, pour prêter son concours à la rénovation du PS.  Mais au lieu de mettre ses actes en conformité avec son discours, il s’est empressé de demander le soutien de Nicolas Sarkozy pour pouvoir être désigné à la présidence du FMI.

Une fois élu à la tête de cette organisation internationale, Strauss-Kahn s’est ensuite totalement désintéressé du PS, laissant ses soutiens dans l’expectative la plus totale. N’ayant donné aucune consigne politique à ses lieutenants en vue du Congrès de Reims, Dominique Strauss-Kahn a précipité l’explosion de son courant.

On se souviendra en effet que Pierre Moscovici avait pensé sérieusement à ravir le Premier secrétariat du PS à Royal, Delanoë, Fabius et Aubry. Or, tout ce que ce dernier parvînt à obtenir fut la trahison de son « frère d’armes », Jean-Christophe Cambadélis, lequel s’était empressé de négocier son ralliement à Aubry, sans lui demander son avis.

D’où l’amertume actuelle et bien compréhensible de Moscovici.

On ne manquera pas non plus de rappeler la partie de jambes en l’air du grand leader avec une de ses proches collaboratrices au FMI. Cette affaire pour le moins grotesque, survenue quelques jours avant le Congrès de Reims, avait fini par briser la sérénité apparente des animateurs du courant strauss-kihste.

Résultat : Dominique Strauss-Kahn n’a quasiment plus aujourd’hui de relais au sein du PS. Il ne bénéficie plus que d’une complaisance médiatique qui crée encore l’illusion d’un recours possible comme en témoigne le sondage CSA des 4 et 5 novembre 2009. Mais au sein du PS, Dominique Strauss-Kahn est largement discrédité.

Strauss-Kahn : derrière le recours à l’homme providentiel, une réalité plus triviale

Eu égard à ce qui précède, on se rend compte que Dominique Strauss-Kahn n’a rien de l’homme providentiel capable de faire échec à Nicolas Sarkozy en 2012.

  • Dominique Strauss-Kahn a été utilisé par Sarkozy dans sa stratégie d’ouverture, dont le but était de clairement déstabiliser le PS et, au-delà, la gauche toute entière.
  • En soutenant Dominique Strauss-Kahn et en en faisant le candidat présenté par l’Union européenne, Sarkozy y a vu un moyen expéditif de se débarrasser d’un rival potentiel pour 2012, considérant que Ségolène Royal était une cruche inoffensive à sa portée.
  • Dominique Strauss-Kahn s’est désolidarisé de la plupart de ses soutiens au sein du PS. Ces derniers se sont dispersés dans différentes combinaisons d’appareil.
  • Si Dominique Strauss-Kahn entend être le candidat PS à la prochaine présidentielle, il devra abandonner son poste de directeur général du FMI avant le terme de son mandat. Or, la place est trop bonne pour qu’il la laisse filer au profit d’ambitions présidentielles dont le résultat est loin d’être acquis.

Ce parcours consternant n’est pas le résultat d’un odieux complot. C’est le produit de la volonté d’un homme qui s’est toujours pensé au-dessus de la mêlée et qui a crû (mais c’est sans doute toujours le cas) que ses compétences devaient lui ouvrir de droit les portes de la plus haute magistrature du pays.


Gabale


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